Qu'est-ce que le monitoring synthétique ? Définition, fonctionnement et cas d'usage

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Par Sophie Bazile, Directrice Générale Adjointe
Publié le 07/11/2025
Mis à jour le 04/06/2026
Temps de lecture : 13 minutes

Dans cet article

Table des matières

    Votre monitoring actuel ne vous convient pas ?

    Offrez à vos utilisateurs une expérience sans accroc : surveillez chaque parcours, identifiez les points de friction et optimisez avant qu’ils n’affectent vos utilisateurs.

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    Le monitoring synthétique est une méthode de surveillance active : des automates rejouent en continu les parcours clés d’un site, d’une application ou d’un service (connexion, recherche, paiement…) à intervalles réguliers, depuis l’extérieur, pour détecter une panne ou une lenteur avant les vrais utilisateurs.

    Contrairement aux approches passives, il ne dépend pas du trafic réel : il teste 24 h/24, la nuit comme le week-end, même quand personne ne se connecte. C’est l’outil de référence pour garantir la disponibilité des parcours critiques en banque, en assurance et en e-commerce.

    Ce guide définit le monitoring synthétique, explique son fonctionnement, le situe par rapport au RUM et à l’APM, et montre quels parcours surveiller en priorité dans un contexte régulé.

    Le monitoring synthétique, c’est quoi exactement ?

    Le monitoring synthétique (ou synthetic monitoring) consiste à programmer des robots (appelés automates ou sondes) qui imitent le comportement d’un utilisateur réel : ouvrir une page, saisir un identifiant, valider un panier, lancer un virement.

    Ces parcours scriptés sont exécutés à fréquence régulière (par exemple toutes les 1 à 15 minutes) depuis des points de mesure externes, et chaque étape est chronométrée et vérifiée.

    On parle de surveillance synthétique parce que le trafic est simulé : il ne provient pas de vrais visiteurs mais de scénarios maîtrisés. C’est précisément ce qui en fait une approche proactive : elle révèle un dysfonctionnement même en l’absence de trafic, là où une surveillance passive devrait attendre qu’un client tombe sur le problème pour le signaler.

    À retenir. Monitoring synthétique = on joue le parcours pour le tester en permanence. Monitoring passif (RUM) = on observe ce que vivent les vrais utilisateurs. Les deux sont complémentaires (voir plus bas).

    Comment fonctionne le monitoring synthétique ?

    Le principe tient en quatre temps :

    1. Définir les parcours critiques. On identifie les transactions qui ne doivent jamais tomber : se connecter à son espace client, payer, souscrire, déclarer un sinistre, joindre un serveur vocal.
    2. Scénariser le parcours. Chaque étape est enregistrée comme une suite d’actions reproductibles, avec des points de contrôle (l’écran attendu s’affiche-t-il ? le bouton répond-il ? le temps de réponse est-il sous le seuil ?).
    3. Exécuter en continu depuis l’extérieur. Les automates rejouent le scénario à intervalle fixe, depuis différents points de mesure, sur navigateur, mobile, API ou voix selon le canal.
    4. Mesurer, alerter, diagnostiquer. À chaque exécution, l’outil mesure la disponibilité et les temps de réponse, déclenche une alerte en cas d’écart, et fournit les éléments de diagnostic (capture, étape fautive, code d’erreur).

    Deux notions structurent la qualité d’un dispositif synthétique :

    • La couverture par canal. Un parcours bancaire moderne traverse un site web, une application mobile, des API et parfois un SVI : la surveillance doit suivre l’utilisateur de bout en bout, pas seulement « pinguer » un serveur.
    • La fidélité de la mesure. Tester une application mobile sur un émulateur ne reproduit pas ce que vit un client sur un vrai smartphone (réseau, OS, clavier sécurisé, MFA). La mesure sur vrais terminaux est plus représentative.

    Monitoring synthétique vs RUM vs APM : quelles différences ?

    Trois familles d’outils sont souvent confondues. Elles ne regardent pas la même chose et se complètent.

    • Monitoring synthétique : surveillance active. Des automates simulent des parcours pour tester la disponibilité et la performance en continu, indépendamment du trafic réel. Idéal pour les baselines contrôlées, la détection avant impact et les parcours peu fréquentés mais critiques (ex. un virement la nuit).
    • RUM (Real User Monitoring) : surveillance passive. On collecte la télémétrie des sessions de vrais utilisateurs pour savoir ce qu’ils vivent réellement (navigateurs, terminaux, zones géographiques). Idéal pour la vérité terrain et l’analyse des écarts d’expérience.
    • APM (Application Performance Monitoring) : observabilité interne de l’application : traces, dépendances, base de données, code. Idéal pour diagnostiquer la cause une fois le problème détecté.
    CritèreMonitoring synthétiqueRUMAPM
    TypeActif (parcours simulés)Passif (trafic réel)Interne (code/infra)
    Dépend du trafic réel ?Non, teste 24/7OuiOui
    Détecte avant l’utilisateur ?OuiNon (après coup)Partiellement
    Voit l’expérience de bout en bout ?OuiOui (côté client)Non (côté serveur)
    Couvre une page sans visite ?OuiNonSelon instrumentation
    Rôle principalPrévenir / alerterComprendre le vécuDiagnostiquer la cause

    Le bon réflexe n’est pas de choisir, mais de combiner. Le synthétique donne l’alerte et la baseline ; le RUM apporte la réalité du terrain ; l’APM aide à trouver la cause. C’est pourquoi 2Be-FFICIENT complète son monitoring synthétique d’un module RUM (bientôt disponible). (Pour aller plus loin : la solution de monitoring synthétique 2Be-FFICIENT.)

    Pourquoi surveiller des parcours plutôt que des serveurs ?

    Parce qu’un serveur peut être « vert » alors que le client, lui, est bloqué. Un certificat expiré, une étape de paiement cassée, un MFA qui ne répond plus : l’infrastructure répond, mais le parcours échoue. Seule une surveillance qui rejoue le parcours complet voit cet écart.

    L’enjeu est financier autant que technique. Les chiffres publiés en 2024 le rappellent :

    • Plus de 90 % des moyennes et grandes entreprises estiment qu’une heure d’indisponibilité coûte plus de 300 000 $, et 41 % la chiffrent entre 1 et plus de 5 M$ (ITIC, 2024 Hourly Cost of Downtime Report).
    • À l’échelle des grandes entreprises, l’indisponibilité représenterait 400 Md$ par an pour les Global 2000, soit 200 M$ de perte annuelle moyenne par entreprise (Oxford Economics, 2024).

    Dans un parcours bancaire ou assurantiel, chaque minute de tunnel cassé, c’est non seulement du chiffre d’affaires perdu, mais aussi des réclamations, des appels au support et un risque de réputation. Détecter avant le client, c’est désamorcer la facture avant qu’elle ne démarre.

    Cas concret : banque de détail française (avril-mai 2026). Sur quatre semaines, 2 929 incidents résolus et plus de 152 000 observations analysées, le MTTR moyen (temps moyen de résolution) mesuré avec le monitoring synthétique 2Be-FFICIENT s’établit à 73,6 minutes, sur des parcours d’espace client, de messagerie, de prise de rendez-vous et de signature, web et applications mobiles.

    À titre de comparaison, une détection manuelle, c’est-à-dire signalée par les utilisateurs eux-mêmes, se compte habituellement en heures. (Données internes 2Be-FFICIENT, anonymisées.)

    Quels parcours critiques surveiller en priorité ?

    Tous les parcours n’ont pas le même poids. Voici ceux qui justifient une surveillance synthétique en premier dans un environnement régulé :

    1. La connexion à l’espace client (avec authentification forte / MFA) : la porte d’entrée de tout le reste.
    2. Le tunnel de paiement / virement : l’étape où une panne se transforme immédiatement en perte de CA.
    3. L’application mobile : à tester sur de vrais terminaux, pas des émulateurs, pour refléter le vécu réel.
    4. Le SVI / serveur vocal interactif : souvent oublié, pourtant premier contact client ; le « morning check » garantit qu’il répond avant l’ouverture.
    5. La souscription / le devis en ligne (assurance) : un parcours long et conditionnel, sensible aux ruptures.
    6. Les API et clients lourds / applications métier : y compris en environnement fermé, sans agent à installer.

    (Pour le détail d’un canal : Monitoring SVI, Monitoring clients lourds et Tests mobiles : vrais appareils plutôt qu’émulateurs.)

    Monitoring synthétique, conformité et souveraineté : DORA, NIS2

    Pour les secteurs régulés, le monitoring synthétique n’est plus seulement une bonne pratique : il s’inscrit dans un cadre réglementaire de résilience opérationnelle.

    • DORA (Digital Operational Resilience Act, règlement UE 2022/2554) est applicable depuis le 17 janvier 2025, sans période de grâce. Il impose à 20 types d’entités financières (banques, assureurs, entreprises d’investissement…) et à leurs prestataires informatiques critiques un cadre de gestion du risque, de tests de résilience et de signalement d’incidents (sources : EIOPA, ESMA, 2025).
    • NIS2 (directive UE 2022/2555) élargit les obligations de cybersécurité et de continuité à un périmètre bien plus large d’entités essentielles et importantes ; son échéance de transposition était fixée au 17 octobre 2024.

    Surveiller activement ses parcours critiques, documenter leur disponibilité et savoir détecter une dérive avant l’incident répondent directement à l’esprit de ces textes : tester la résilience, prouver qu’on la teste.

    S’y ajoute un critère devenu décisif en banque/assurance : la souveraineté. Une solution dont les données sont hébergées en France simplifie la conformité et rassure les directions risques et RSSI.

    Comment 2Be-FFICIENT aborde le monitoring synthétique ?

    2Be-FFICIENT est un éditeur français de monitoring synthétique des parcours utilisateurs critiques, présent depuis plus de 25 ans auprès de grands comptes banque, assurance et e-commerce. Son approche repose sur plusieurs partis pris :

    • Automates externes : zéro agent installé sur l’infrastructure du client. La surveillance se fait depuis l’extérieur, comme un vrai utilisateur, sans alourdir ni instrumenter la production.
    • Vrais terminaux mobiles, pas des émulateurs. Les parcours mobiles sont testés sur de véritables appareils, ce qui reflète le réseau, l’OS et les contraintes de sécurité réelles.
    • Double reconnaissance graphique + textuelle, pour valider qu’un écran s’affiche correctement, pas seulement qu’une requête a abouti.
    • Monitoring prédictif avec Argos (en cours de lancement). Argos est l’agent d’IA prédictif de 2Be-FFICIENT : il vise à détecter la dérive d’un parcours avant le franchissement du seuil, pour faire passer le monitoring du réactif au préventif. (Voir Argos, l’IA prédictive de 2Be-FFICIENT.)
    • Qualification d’incident avec Opale. Opale est l’IA qui qualifie chaque échec par niveau de confiance et isole les signaux douteux (artefacts de monitoring, instabilités transitoires), pour accélérer le diagnostic et préserver les astreintes. (Voir Opale, l’IA d’analyse des incidents.)
    • RUM (bientôt disponible) pour compléter la mesure synthétique par la vérité du terrain.
    • Couverture multi-canal (site, mobile, SVI, API, réseaux sociaux, clients lourds, IA générative) et hébergement souverain en France.

    Cas concret : Opale (banque de détail française, du 12 avril au 12 mai 2026, ~40 scénarios critiques). Sur 3 662 échecs enregistrés en un mois, Opale en a qualifié 806 par niveau de confiance : ≈ 86 % confirmés comme vraies pannes (niveaux Certain + High) et 13 % des échecs analysés ressortis à faible confiance : des signaux douteux (artefacts de monitoring, instabilités transitoires) plutôt que de vraies pannes applicatives.

    Ce tri représente une estimation de 3 à 6 jours-homme d’investigation d’astreinte évités par mois. (Données internes 2Be-FFICIENT, anonymisées.)

    Face à des plateformes comme ip-label / Ekara ou Datadog Synthetics, le positionnement de 2Be-FFICIENT tient à cette combinaison : automates externes, vrais terminaux, prédictif et souveraineté française, sans dénigrer des outils par ailleurs solides, mais en couvrant ce que les parcours régulés exigent vraiment.

    FAQ : Monitoring synthétique

    Le monitoring synthétique, qu’est-ce que c’est en une phrase ?

    Une surveillance active où des automates rejouent en continu vos parcours clés depuis l’extérieur, pour détecter une panne ou une lenteur avant vos utilisateurs.

    Quelle différence avec le RUM ?

    Le synthétique simule des parcours pour tester en permanence (même sans trafic) ; le RUM observe les sessions de vrais utilisateurs. L’un prévient, l’autre raconte le vécu. Les deux se combinent.

    Et avec l’APM ?

    L’APM regarde l’intérieur de l’application (code, traces, dépendances) pour diagnostiquer la cause. Le synthétique regarde l’expérience de bout en bout, de l’extérieur, pour détecter le problème.

    Faut-il installer un agent sur notre infrastructure ?

    Pas avec une approche par automates externes : la surveillance se fait depuis l’extérieur, sans rien déployer en production.

    Peut-on surveiller une application mobile de façon réaliste ?

    Oui, à condition de tester sur de vrais terminaux plutôt que sur des émulateurs, afin de refléter le réseau, l’OS et les contraintes de sécurité (dont le MFA).

    Le monitoring synthétique aide-t-il à la conformité DORA / NIS2 ?

    Il contribue à la résilience opérationnelle attendue par DORA (applicable depuis le 17 janvier 2025) et NIS2 : tester ses parcours critiques, prouver qu’on les teste et détecter les dérives avant l’incident.

    Existe-t-il une solution française et souveraine ?

    Oui. 2Be-FFICIENT propose un monitoring synthétique avec hébergement des données en France, un atout pour les secteurs banque/assurance régulés.

    Pour aller plus loin

    Sources utilisées

    • ITIC, 2024 Hourly Cost of Downtime Report (coût horaire de l’indisponibilité) : itic-corp.com
    • Oxford Economics, 2024 (coût annuel de l’indisponibilité pour les Global 2000), repris par BigPanda : bigpanda.io
    • EIOPA, Digital Operational Resilience Act (DORA), application au 17 janvier 2025 : eiopa.europa.eu
    • ESMA, Digital Operational Resilience Act (DORA) : esma.europa.eu
    • Directive (UE) 2022/2555 (NIS2), échéance de transposition au 17 octobre 2024.
    • Définitions synthétique / RUM (surveillance active vs passive) : Splunk, Catchpoint, Kentik (2024).

    Données chiffrées 2Be-FFICIENT (MTTR ; qualification Opale) : internes, anonymisées, période avril-mai 2026. Argos : capacité prédictive en cours de lancement, aucun résultat client revendiqué à ce stade.

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